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Décision

Cour de cassation — CHAMBRE_CIVILE_1

29 novembre 1989

Cartographie jurisprudentielle

Résumé

Cassation civil - RESPONSABILITE DELICTUELLE OU QUASIDELICTUELLE - Faute - Constatation - Cause exclusive - Préjudice moral - Ayants droit de la victime

Texte de la décision

Sur les deux moyens réunis : Vu l'article 1382 du Code civil ; Attendu que M. Y..., chirurgien, qui a opéré Mme X... le 11 février 1981, a été judiciairement déclaré responsable envers celle-ci des conséquences d'une erreur professionnelle à la suite de laquelle sa malade a dû subir, dans le courant de l'année 1981, plusieurs autres interventions chirurgicales, et demeure atteinte d'une incapacité permanente, après avoir supporté des souffrances assez importantes ; que M. X..., son mari, se prévalant de cette décision, a réclamé à M. Y... réparation du préjudice moral qu'aurait causé à lui-même et à leur fille, alors âgée de cinq ans, l'état de santé de Mme X... ; que la cour d'appel l'a débouté de sa demande, au motif que le lien entre ces préjudices et la faute du chirurgien était " trop tenu pour être directement causal ", le traumatisme affectif de M. X... étant " plutôt la suite logique d'un tempérament excessif ", et l'attitude de sa fille étant " le reflet et la conséquence du climat malsain entretenu autour d'elle " ; Attendu qu'en statuant ainsi, alors qu'il ressortait des constatations de l'arrêt que, même s'il avait été accru par des facteurs étrangers à la faute de M. Y..., le préjudice moral de M. X... et de sa fille avait eu initialement pour seule cause une situation entièrement imputable à cette faute, la cour d'appel a violé le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS

:

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 1er octobre 1987, entre les parties, par la cour d'appel d'Aix-en-Provence ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Nîmes

Articles cités

  • 1382
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