Descriptif : Cette mesure vise à capturer les amphibiens et reptiles au sein des emprises travaux et à les déplacer sur les sites favorables aux abords proches. Des barrières anti-intrusion seront posées dans les secteurs d'habitats favorables avant le début des travaux préparatoires, empêchant l'intrusion d'espèces au sein de la zone de travaux. La pêche de sauvegarde n'interviendra qu'en dernier recours. Le dossier de demande de dérogation de destruction d'espèces protégées déposé dans le cadre du projet couvre cette opération de sauvegarde (capture + déplacements). Capture des amphibiens : Mode opératoire : Concernant la capture des amphibiens, différents matériels seront mobilisés lors des sessions de captures : - nasses Ortmann, qui sont des dispositifs de piégeage passifs qui permettent aux amphibiens et plus particulièrement aux urodèles d'y entrer mais pas d'en sortir. Les nasses Ortmann peuvent être installées en début de soirée et relevées en milieu de nuit (après une pêche active nocturne), ou le lendemain matin. Une autorisation de déplacement des espèces est requise. Les individus sont manipulés à l'aide de gants en latex (non poudrés) ou à mains nues humidifiées à condition d'avoir utilisé un désinfectant cutané, puis bien rincé ; - filets troubleaux pouvant également être utilisés pour capturer de manière active les amphibiens aux stades adulte, juvénile, larvaire ou de ponte, de jour comme de nuit en fonction des espèces cibles et de leur biologie. La recherche et la capture active d'amphibiens se fait depuis les berges et/ou dans l'eau avec un filet troubleau ou à mains nues. Les amphibiens (adultes, têtards, larves, pontes…) capturés sont placés dans des seaux. Pour les pontes et les larves, les seaux et les couvercles doivent être étanches car les individus sont prélevés avec une grande quantité d'eau. Pour les adultes et les juvéniles un apport en air doit être possible (couvercle entr'ouvert, trous d'aération). Il peut parfois être nécessaire de séparer les plus grands individus adultes des juvéniles pour éviter que ces derniers ne soient écrasés en cas d'effectifs importants. Le temps de maintien en seau ne dépasse pas une heure sans renouveler l'eau. Les seaux sont placés à l'ombre et/ou dans l'eau pour rester au frais. Le personnel est équipé de bottes, de cuissardes, ou de waders selon la profondeur des sites de pêche. Lors des opérations réalisées de nuit, l'emploi de lampes torches et de lampes frontales est indispensable. Conformément aux règles de sécurité, les sessions de captures/relâches nocturnes sont réalisées en binôme. Conformément au protocole d'hygiène de la Société herpétologique de France, l'ensemble du matériel en contact avec les amphibiens, l'eau ou les sédiments du site de pêche est régulièrement désinfecté au bureau à l'aide d'une solution de VIRKON appliquée au pulvérisateur, ou à défaut d'eau de Javel. Cette étape permet de limiter le risque de propagation des agents pathogènes des amphibiens entre les sites des pêches. L'espèce (ou le complexe/genre), le sexe (si possible), et l'âge (stade) de chaque individu capturé est noté et photographié pour le compte-rendu des opérations. Un exemplaire de l'arrêté préfectoral et ses annexes sera conservé sur le chantier afin de justifier des opérations de capture d'espèces protégées en cas de contrôle par les autorités compétentes. En phase travaux, la capture concerne toutes les espèces d'amphibiens qui peuvent coloniser le site (Crapaud calamite, Crapaud commun, tritons, etc.). Le chantier ne débute pas tant que les captures sont significatives. Période d'intervention : La période de reproduction de ces espèces s'étend de fin janvier pour les espèces précoces à fin juin, voire en été/début septembre pour les espèces pionnières comme le Crapaud calamite ou le Pélodyte ponctué (lors d'épisodes pluvieux de type orages notamment). La période propice à la capture est en avril/mai, période d'activité principale en particulier pour le Triton ponctué et le Pélodyte ponctué. Capture du lézard des murailles : La capture est privilégiée aux périodes fraiches de l'année, durant lesquelles ils doivent s'exposer au soleil pour se réchauffer et augmenter leur métabolisme : - en début de saison (février-mars), quand ils quittent les abris d'hiver (hibernaculum) dans lesquels ils ont hiberné pendant plusieurs mois, pour profiter des premières journées de redoux et de l'émergence de leurs proies (insectes, araignées…) ; - au début de l'automne (septembre-octobre), quand les journées et les nuits commencent à être fraiches, ce qui les oblige à se réchauffer chaque matin. A ces périodes, leur métabolisme étant ralenti par les faibles températures, leurs capacités de fuite sont réduites. Pour que les lézards soient présents, il faut toutefois que la météo soit favorable à leur thermorégulation, sinon ils restent dans leurs abris. Ainsi, il faut privilégier les matinées ensoleillées et sans vent, qui sont les plus favorables. Plusieurs techniques de captures seront utilisées : - la capture à la main, pour les individus les moins réactifs ; - la capture au filet (type filet à papillons), qui consiste à piéger l'individu repéré, ou sa cache, sous le filet plaqué au sol ; - le noosing, qui consiste à passer un nœud coulant autour du coup du lézard à l'aide une baguette d'environ 1,30 m (canne à pêche, tige métallique, tige de bois…) puis à tirer vers le haut pour refermer le nœud autour du corps de l'animal. Les individus capturés seront placés dans des seaux dont les couvercles sont percés pour être transportés jusqu'aux sites de relâché. Les sites de relâcher sont les micro-habitats de type tas de pierres ou tous autres milieux permettant une thermorégulation (milieux ensoleillés/exposés au soleil). |